Entre 1997 et 2005, le géant américain de l'aéronautique a connu des déboires sérieux. Quatre PDG, des scandales à répétition et des erreurs stratégiques majeures ont terni son image. Il revient pourtant en force.

Tout commence en 1996 lorsque Boeing fusionne avec les spécialistes de la Défense Mc Donnel DOuglas et Rockwell. Ses métiers s'élargissent et la moitié du chiffre d'affaires provient alors de la Défense. De nombreux scandales (espionnage, corruption...) entâchent sa réputation et la mise en route de nouveaux programme d'aviation tardent a voir le jour. Pendant ce temps, l'européen Airbus vole de succès en succès et devient numéro un mondial.

En 2003, le PDG, Phil Condit est congédié. Ses successeurs, Harry Stonecipher et James McNerney vont revoir toute la stratégie concernant l'activité aviation civile.
Trois mots d'ordre: réforme du management, refonte de l'ensemble du système de production, et nouveau produit.

Résultat de cette stratégie: l'avènement du "learn manufacturing", issu du juste à temps japonais. Une révolution dans le monde aéronautique, habituellement soucieux de garder une avance technologique dans le domaine, et qui l'oblige à des relations privilégiées avec ses partenaires.

Des unités de production entières sont cédées (le nombre d'employés passent de 100 000 à 50 000), et parallèlement le nombre de sous traitants baisse drastiquement : 1000, contre 3000 en 1998. A présent, 70% du B787 est conçu avec des fournisseurs extérieurs.

Résultat: il faut onze jours à présent pour assembler un 737, contre vingt deux précédemment.

Côté management, les changements sont également visibles: équipes transversales pour développer une culture commune, encouragement à plus de communication pour briser la culture du silence..

Et voici que Boeing retrouve sa place de numéro 1. Hormis des problèmes conjoncturels (retards de livraison...), il est probable que le groupe de Seattle continue dans une même dynamique de croissance.

Airbus qui présente ces prochains jours son plan de redressement, devrait prendre en exemple ce redressement aussi rapide qu'inattendu.