Le géant américain de l’informatique s’est résolu à céder son activité historique, la fabrication de pc, au chinois Lenovo, en 2005.

Le but : se recentrer sur les activités stratégiques, qui créent de la valeur : les logiciels, et les services. Autrement dit, des activités tertiaires.

On assiste en ce moment à des mouvements similaires dans le secteur de…la Défense.

En témoigne : l’intégration de processus informatiques standards dans la fabrication  de ses matériels de guerre par Lockheed Martin. Les dirigeants montrent d’ailleurs l’exemple du système d’information des navires commandés par le Pentagone qui leurs sont revenus à 5 millions d’euros, au lieu de 100 s’ils l’avaient mis au point entièrement.

Les raisons qui avaient poussé IBM à se restructurer étaient classiques : des profits en chute libre du fait d’une concurrence de plus en plus pressante.

Le groupe a donc du modifié sa chaîne de valeur, en aidant notamment le client à formaliser ses besoins, pour y répondre ensuite.

La problématique à laquelle sont confrontés les majors de la Défense n’est pas vraiment éloignée : les budgets alloués par les gouvernements à leurs armées sont en stagnation (hormis aux Etats-Unis).

Par ailleurs, les programmes d’armements (type soldat du futur) s’étalent sur plusieurs années. Il faut donc mettre en place une capacité de maintenance dans le temps. Ce paramètre est devenu fondamental.

La solution : passer d’un simple rôle de fournisseurs d’armes à celui d’intégrateur capable de répondre aux besoins des armées dans leur globalité.

Le fort développement des technologies de l’information et des communications va leur être d’une grande importance.

Les industriels de la Défense doivent donc se poser de plus en plus comme des prestataires de services, des assembleurs de technologies.

Le secteur de l’armement verra donc probablement ce phénomène de « super maître d’œuvre intégrateurs » se développer de plus en plus.

Nous pouvons citer l’exemple de Thales, qui s’est imposé comme un des principaux fournisseurs des prochains porte-avions britanniques, alors qu’il n’en a jamais fabriqué un seul !

Ces changements importants dans le secteur de l’armement annonce par ailleurs la poursuite des opérations de partenariats ou de consolidations.

En témoigne la tentative infructueuse de prise de contrôle de Thales par EADS l’an passé.

Thales qui en ce moment reprend les activités satellites d’Alcatel, et qui s’associe à DCN…