Le groupe des automobiles turinoises vient de publier ses résultats au 3ème trimestre 2006: CA en hausse de 11%, résultat d'exploitation qui double presque (+83%, à 427 millions d'euros), et une augmentation des immatriculations en Europe de 14,2%. Des chiffres dont bien d'autres géants du secteurs aimeraient pouvoir s'onergueillir.

Mais l'entreprise revient de loin. Comment ont pu être menées les réformes, depuis l'abîme dans lequel était plongé le groupe en 2002 ? Un changement de dirigeants, et de mentalités a ramené le groupe au premier plan.

En 2002, la situation, tant financière que commerciale du groupe est critique: ventes en forte baisse, dû à des modèles non adaptées au marché, production moins rationalisée que la concurrence.

L'entreprise est au bord du chaos, des parts (29%) de Ferrari sont cédées pour se donner de l'air financièrement.

C'est justement cette situation qui va amener les Agnelli, famille dirigeante, à confier les rennes à l'italo canadien Sergio Marchione, dont elle apprécie les méthodes de gestion. Arrivé en 2004, et âgé de cinquante deux ans, il est nommé administrateur délégué.

Ses mots d'ordre: rationalisation du processus de production, et co-innovation.

En effet, Marchione n'a pas privilégié la réduction des effectifs pour sauver le groupe, mesure inefficace selon lui. Il a tout d'abord amené une simplification de la structure hiérarchique, afin d'amener une rapidité dans l'application des décisions.

Son credo: le problème de productivité n'est pas uniquement lié au coût du travail.

Il a donc privilégié le dialogue avec les syndicats, et proposé des primes de rendements. La section automobiles, qui était passé de 55000 à 46000 salariés, réembauche à présent.

Une fois réglés ces problèmes, et rompu le joint venture avec GM (qui a rapporté au groupe 1.5 milliards d'euros), Fiat envisage avec sérénité l'avenir. L'entreprise compte passer le cap des 2 000 000 de véhicules vendus par an en 2010. Les nouveaux modèles (ex Fiat Brava), bien accueillis par le marché, devrait lui permettre d'atteindre ces objectifs. D'ailleurs, le rachat à Medibanca des parts de Ferrari cédées précédemment se veut symbolique de la puissance retrouvée du groupe.

L'entreprise mise par ailleurs sur les partenariats avec les autres groupes, afin de partager risques et investissements. Outre les partenaires traditionnels (PSA, Ford...), l'entreprise espère beaucoup de la relation avec l'indien Tata, afin d'anticiper l'arrivée de ces nouveaux acteurs (avec les chinois), et tirer profits de leurs avantages.

Une entreprise, moribonde il y'a cinq ans, se présente aujourd'hui comme l'une des plus dynamiques de son secteur. SI FIAT vise une part de marché à deux chiffres pour 2010 (7,8% maintenant), c'est parce que le groupe a su modifier et adapter sa philosophie, tout en évitant des drames sociaux. Les autres constructeurs, touchés de plein fouet par la crise du secteur, auraient quelques leçons à prendre...